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Trésorerie des PME : retrouver des marges de manœuvre

Photo du rédacteur: Philippe Brière
Philippe Brière
19 oct.
2 min de lecture

Au troisième trimestre 2026, 35 % des dirigeants de TPE-PME interrogés jugent leur trésorerie difficile. Derrière cet indicateur se joue une question de direction : comment financer les engagements d’aujourd’hui tout en gardant les moyens des prochaines étapes ?

Une commande importante arrive. Le client est solide, le projet intéressant, les équipes enthousiastes. Mais il faudra acheter, produire et peut-être recruter avant d’encaisser. La perspective est bonne ; elle demande des moyens disponibles au bon moment.

Cette situation illustre un enjeu central de la performance robuste : une réussite commerciale devient pleinement une force lorsque l’entreprise peut en soutenir les exigences.

Ce que nous apprend le chiffre de 35 %

Dans leur baromètre publié le 18 septembre 2026, Bpifrance Le Lab et Rexecode indiquent que 35 % des dirigeants interrogés qualifient leur trésorerie de difficile. L’enquête a recueilli plus de 1 100 réponses entre le 24 août et le 3 septembre 2026. Il s’agit d’un jugement porté par les dirigeants interrogés, et non d’une proportion d’entreprises en cessation de paiement.

Pour une équipe dirigeante, ce chiffre invite à examiner ce que sa propre trésorerie permet : honorer ses engagements, absorber un décalage, investir, négocier ou saisir une occasion.

Une croissance peut demander du souffle financier

Imaginons une PME industrielle dont les ventes accélèrent. Elle achète davantage de matières, augmente ses encours de production et mobilise ses équipes. Les recettes correspondantes arriveront plus tard. Le chiffre d’affaires progresse, mais l’écart entre décaissements et encaissements peut se creuser : c’est l’un des mécanismes du besoin en fonds de roulement.

Les tensions peuvent aussi venir d’une facture émise tardivement, d’une livraison contestée, d’un stock immobilisé ou d’une validation client qui attend. La trésorerie donne ainsi une lecture transversale du fonctionnement de l’entreprise.

Comprendre où se créent les décalages

Suivez un cycle réel, de la commande jusqu’à l’encaissement : à quel moment l’entreprise engage-t-elle ses moyens ? Quand peut-elle facturer ? Quelles étapes retardent le paiement ? Qui dispose de l’information nécessaire pour agir ?

Une société de services peut avoir achevé un livrable sans avoir clarifié les critères de validation. Préciser les engagements dès la vente, préparer la réception et rendre visible l’avancement peut renforcer les dimensions financière, opérationnelle et relationnelle.

Donner une fonction à ses marges de manœuvre

Soyons paranoïaques ! Une réserve financière peut permettre de maintenir une formation, de traverser une variation d’activité ou d’engager un projet prometteur. Son niveau utile dépend des délais d’encaissement, de la saisonnalité, des engagements déjà pris et des possibilités de financement.

Sur un voilier, disposer d’espace pour manœuvrer permet de choisir sa trajectoire. Dans l’entreprise, une marge financière peut donner le temps nécessaire pour décider dans de bonnes conditions.

Trois questions pour votre comité de direction

Où notre développement mobilise-t-il des moyens avant de produire des encaissements ? Quels décalages pouvons-nous réduire ? Quelles possibilités voulons-nous préserver ?


Voilier naviguant dans un large passage d’eau bleue, à distance d’une côte rocheuse et de ses hauts-fonds.

 
 
 

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